Brexit.

In Impact24 le 26.06.2016 19:00

Par Mohamed Bouhamidi.

Mais pourquoi donc les une majorité d’anglais a voté pour le Brexit ?

Voilà la question qui semble préoccuper la majorité des analystes. Avec à la clé une formule devenue compulsive : quel message ont envoyé les électeurs ? Extraordinaire escamotage des contraintes qui ont poussé les élites dirigeantes anglaises à organiser le référendum et dont le point culminant a été ce reproche fait à Cameron d’avoir joué le destin de l’U.E pour servir ses ambitions de leadership au sein de son courant politique.

Quel sens accorder à cette hypothèse « d’experts »qu’une ambition personnelle peut, en Angleterre !, remettre en question une Union Européenne, véritable axe stratégique de l’OTAN, du FMI, de la Banque Mondiale, échelon clé de la gouvernance globale en voie de construction et structure dédiée à subjuguer les peuples d’Europe aux intérêts du capital financier mondialisée ? Sujétion dont les derniers épisodes furent le rabaissement de la Grèce à la condition de semi-colonie allemande et l’exécution par le couple Hollande-Valls de l’ordre bruxellois de démanteler les droits des travailleurs français et d’offrir plus de possibilités aux profits du grand capital.

Le démantèlement social passait par le démantèlement des Etats et des nations. Tous les travailleurs européens seront au niveau de salaire des plombiers polonais, le génie et la grandeur de Marie Curie en moins.

L’enjeu dans l’enjeu du Brexit mérite bien pour les autres opinions publiques de l’Europe la fabrication d’une perception conforme à la fable que la politique et l’histoire sont des produits interindividuels et non le résultat de puissants facteurs économiques, financiers et démographiques.

Bref, la bataille du formatage des cerveaux, de la déformation des faits et de l’orientation des perceptions reste l’acte décisif pour dévitaliser les victoires de l’adversaire et préparer la contre-offensive. Contre-offensive qui a commencé illico avec les réactions-scènes de ménage de Juncker et de Hollande pour qui sortir de l’UE, « c’est tout de suite » et « c’est sans retour », pitoyable pression sur l’opinion anglaise pour qu’elle mesure son crime et se repente.

Les deux en savent quelque chose. La majorité des citoyens de la France, la Suède, la Grèce, les Pays-Bas, l’Irlande, le Danemark ont rejeté cette union européenne à une ou deux occasions. ces pays par la grâce des entourloupes bureaucratiques sont toujours dans contre la volonté démocratique de leurs citoyens. La marche forcée vers une structure mondialisée de gouvernance ne peut s’arrêter à cause de « futiles » utopies de justice sociale, de biens communs de la nature et des ressources ou de partage humain.

La city n’a laissé les compères de Cameron organiser ce référendum que pour trancher des désaccords de la plus haute importance dont la place et l’avenir du capitalisme anglais face à l’hégémonie tentaculaire de Wall-Street et à la puissance irrésistible du capitalisme allemand. Les négociations perpétuelles avec l’U.E pour maintenir à l’Angleterre un statut qui la préserve du lointain processus thatchérien de paupérisation du peuple anglais, des contradictions sociales qui la minent et d’un déclin qui lui serait fatal dans la crise financière qui perdure depuis 2008.

En dehors des calculs des sphères dirigeantes, la majorité des citoyens anglais a porté un coup sérieux à dirigeants anglais et à leurs alliés. Les lois anglaises doivent être faites en Angleterre et non pensées et dictées par Bruxelles, c’est-à-dire par l’Allemagne dans les conditions actuelles.

Il reste aux citoyens partisans du Brexit d’imposer le respect de la souveraineté populaire. En pleine narrative démocratique.

M. B

Source : http://www.impact24.info/brexit/

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